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Actualité de la Mine Témoin
LES SITES D'EXPLOITATION CEVENOLS
Dernière mise à jour le jeudi 17 janvier 2013
LES SITES D'EXPLOITATION CEVENOLS
Apogée, déclin et fermeture

La constitution des HBC coïncida avec la mise en place systématique d’une exploitation rationalisée des sites miniers cévenols.
De nouveaux puits furent foncés tandis que de nombreuses installations techniques furent construites et/ou aménagées pour les besoins productifs. Nombre d’entre elles figuraient alors au rang des plus modernes et des plus performantes d’Europe. En 1947, les effectifs des HBC atteignirent un pic de 20760 individus (toutes catégories professionnelles confondues). En 1950, trois millions de tonnes de houille purent être extraites des mines cévenoles.

En dépit de cette modernisation impressionnante et de ces excellents résultats, la situation n’était pourtant pas bonne. D’une part parce que le charbon d’origine étrangère était souvent 25% moins cher que le charbon français. D’autre part parce que d’autres énergies, plus compétitives, apparaissaient désormais comme de très sérieux concurrents pour le charbon. Il s’agissait de l’hydraulique, mais aussi et surtout du nucléaire, du gaz et du pétrole. Aussi, ce fut le moment où la SNCF entama l’électrification de ses lignes ferroviaires.

Les années 1950-1955 furent décisives. Tandis qu’en 1954 la part du charbon dans le bilan énergétique national représentait 60% - contre 80% en 1949 - les gouvernements commencèrent à mettre en place des plans de réduction de la production charbonnière. On combla les premiers puits d’extraction dès 1954. Les autorités accordèrent à partir de là une priorité absolue au développement du nucléaire civil. En France comme dans notre région, le record de production fut pourtant atteint en 1958 avec plus de 60 millions de tonnes de produits charbonniers extraits.

Peu à peu le nombre de puits en activité diminua. Sur 21 puits en service initialement, il n’en restait plus que 4 en 1974. Le nombre de mineurs de fond diminua aussi. A la même époque, on n’en comptait que 1500. Le discours était pessimiste et ce sont les questions de la fermeture des derniers sites, du chômage et de la reconversion qui alimentaient la plupart des conversations.
En faisant singulièrement augmenter les prix des hydrocarbures les chocs pétroliers qui survinrent en 1973 et en 1979 placèrent à nouveau le charbon sur l’avant scène des matières énergétiques compétitives. Ce renouveau de la houille suscita des espoirs et attira des investisseurs. Malheureusement cela ne dura pas.
Si les chocs pétroliers successifs profitèrent de façon certaine au charbon européen (en général) et au charbon français et cévenol (en particulier), ils bénéficièrent aussi à d’autres pays, déjà plus compétitifs avant la survenue de ces deux grandes crises. Signe annonciateur des temps à venir le puits Saint-Florent, un des plus modernes d’Europe et le plus moderne du bassin cévenol, fut dynamité le 25 mai 1975.
En 1980, les mineurs grévistes occupèrent le fond du puits Destival quatorze mois durant. Après un bref regain d’activité qui débuta en 1981, le puits Destival ferma en 1984 et celui des Oules n°2 en 1986.

L’exploitation se poursuivit alors au moyen des mines à ciel ouvert ou découvertes du Pontil et de Mercoirol. Ces deux exploitations ont cessé toute activité extractive à la date du 31 janvier 2001.